GEOGRAPHIE ...
Composée d'un
littoral et d'une partie intérieure plus vaste, la Guinée
offre des paysages diversifiés : au sud-est, la dorsale guinéenne
aux formes lourdes culmine à 1 752 m (mont Nimba) et se prolonge
au nord-est par la haute plaine du Niger ; le Fouta-Djalon, massif
soulevé du socle (1 515 m), occupe l'ouest du pays et irrigue
la plaine littorale. Climats et végétation offrent
les mêmes contrastes : le sud est très arrosé
(Conakry, 4 300 mm de pluies) et forestier. Le nord est de type
soudanien, avec cinq mois de pluies et des savanes. La région
est irriguée par le Niger, qui prend sa source à la
frontière de la Sierra Leone ; l'ouest est arrosé
par de petits fleuves côtiers nés dans le Fouta-Djalon,
véritable château d'eau. Le peuplement et les cultures
connaissent une même diversité : Peuls du Fouta-Djalon,
Malinkés du haut Niger, Soussous de la côte, Kissis
de la dorsale guinéenne... La densité de population
est forte dans le Fouta-Djalon, plus propice à l'élevage,
et sur toute la côte. Conakry est, cependant, de loin la ville
la plus peuplée ; mais près d'un habitant sur deux
y vit au-dessous du seuil de pauvreté. Au lendemain de l'indépendance,
la Guinée, pays agricole exportateur, s'est repliée
sur sa production vivrière (riz sur la côte, manioc
et ignames au sud, mil au nord), alors que des plantations existent
à proximité de la côte (palmiers à huile,
agrumes, ananas, bananes, canne à sucre) et que le café
est produit dans la dorsale. Le pays a davantage opté pour
le développement de son économie minière, fondée
sur la bauxite (il en est le 2e producteur mondial, et ses réserves
sont estimées à 8 milliards de tonnes), transformée
en alumine à Friguia, sur les diamants (parmi ses réserves,
près de la moitié est constituée de diamants
de joaillerie) et sur l'or (réserves estimées à
140 000 tonnes), ces derniers étant exploités dans
la région orientale par des compagnies privées. Les
monts Nimba et Simandou recèlent en outre d'importantes réserves
de minerai de fer. La Guinée se heurte avant tout au manque
d'infrastructures, et particulièrement d'électricité
; aussi le plus grand projet du pays est-il la construction, avec
l'aide internationale, d'un barrage à Garafiri. L'effort
est également mis sur l'investissement privé, afin
de réduire la part encore exorbitante du secteur informel.
RELIEF
Quatre ensembles naturels composent le territoire national qui s'étend
sur 245 860 km2. La plaine côtière et son arrière-pays
constituent la basse Guinée, ou Guinée maritime. Le
littoral, découpé, précédé d'îles
(îles de Loos, de Katral), porte des avancées rocheuses
(presqu'île du Kaloum, cap Koundindé ou Verga) qui
traversent les vasières et les marais maritimes longeant
les grandes rias, estuaires des fleuves venus des hautes terres
intérieures, dont le Konkouré. Les plaines côtières
sont dominées à l'est par de vigoureux escarpements
(tels les monts Benna, 1 124 m) annonçant le massif du Fouta-Djalon.
La Guinée maritime a un climat tropical très humide:
Coyah reçoit 5 000 mm annuels, Kindia plus de 2 000. La moyenne
Guinée (80 000 km2), qui comprend le Fouta-Djalon, est formée
de horsts usés par l'érosion, résultant de
mouvements tectoniques tertiaires qui ont cassé le socle
surmonté de puissantes assises gréseuses. Celles-ci
arment des plateaux étagés et cuirassés (bowé
en langue peule), séparés par de profondes vallées.
Le massif culmine à 1 538 m au mont Loura. Ces hautes terres
de moyenne Guinée reçoivent 1 600 à 2 000 mm
annuels, et le massif, où naissent de nombreux cours d'eau,
dont la Gambie, le Sénégal-Bafing et des affluents
du Niger, comme le Tinkisso, a souvent été qualifié
de château d'eau de l'Afrique occidentale.
Le bassin du haut Niger
forme la haute Guinée, vaste cuvette de convergence hydrographique
où les altitudes des plaines et des bas plateaux savanicoles,
parsemés de légères ondulations,dépassent
rarement 500 m et où la pluviosité, 1 100 à
1 500 mm annuels, est inférieure à celle du Fouta-Djalon.
La haute Guinée, ou Guinée forestière, au sud-est,
est une région de montagnes qui englobe divers massifs de
la Dorsale guinéenne, dont le Simandou et le Doro, où
le Niger prend sa source, et les monts Nimba, point culminant du
pays (1 752 m). Entièrement située au sud du 10e parallèle,
la Guinée forestière est très arrosée
(1 600 à 2 800 mm annuels), ce qui favorise la forêt
ombrophile.
CLIMAT
La Guinée maritime se distingue par une seule saison des
pluies qui dure six mois avec de fortes précipitations. En
moyenne Guinée, l'unique saison des pluies est plus courte
(cinq mois), avec des pluies moindres. En haute Guinée, la
saison des pluies se limite à trois mois; l'harmattan souffle,
en fin de saison, desséchant l'atmosphère. En Guinée
forestière, la température et l'humidité sont
constantes toute l'année et la petite saison sèche
tend à disparaître.
VEGETATION
En Guinée maritime, le climat et la nature des sols sont
propices aux cultures tropicales. En moyenne Guinée, les
sols, indurés, sont impropres à la culture, sauf dans
les vallées. En Guinée forestière, la végétation
est abondante et la forêt très dense.
HYDROGRAPHIE
La Guinée est le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.
De nombreux cours d'eau prennent leur source dans le Fouta-Djalon
(Niger, Gambie, Sénégal sous le nom de Bafing) et
dans la Guinée forestière. Le Niger et ses affluents
creusent en haute Guinée des plaines alluviales, souvent
inondées, et bordées de terrasses aménagées
en rizières.
POPULATION
La Guinée est un pays dont la population (estimée
à 7,5 millions d'habitants [1997]) croît très
rapidement. L'indice synthétique de fécondité
atteint 7 [1995], en partie du fait de la forte mortalité
infantile (136 ‰, l'espérance de vie à la naissance
n'est que de 45 ans) [estimation 1997] et, au rythme de croissance
actuel (2,4 % de 1980 à 1997), la Guinée comptera
8 millions d'habitants en l'an 2 000 et 15 millions en 2025. Une
vingtaine d'ethnies forment le peuple guinéen. En basse Guinée,
aux côtés des Soussous (11 % des Guinéens),
vivent les peuples des rivières du sud, Bagas, Nalous et
Landoumas par exemple. Les hautes terres du Fouta-Djalon (le "pays
des Foulbés et des Diallonkés") sont occupées
par des groupes peuls (40 % de la population nationale) et diallonkés,
mais aussi par une multitude d'ethnies moins nombreuses, comme les
Coniaguis, les Bassaris, les Tyapis. La haute Guinée est
un vaste domaine malinké (26 % de la population nationale),
alors qu'en Guinée forestière, autour du pôle
kissi (7 % des Guinéens), de nombreux peuples forestiers
(Tomas, Guerzés, Manos, Lélés) parsèment
les terroirs d'altitude. Cette mosaïque humaine est très
inégalement répartie sur le territoire national. La
densité moyenne est de 30,5 h./km2 [estimation 1997], mais
on trouve plus de 50 h./km2 sur les hautes terres du Fouta-Djalon
et à l'extrême sud-est du pays, alors que la haute
Guinée septentrionale et les confins du Mali et du Sénégal
portent moins de 20 h./km2. Encore profondément rurale (72
% de la population), la Guinée s'urbanise rapidement, et
sa capitale, Conakry, regroupe plus d'un million d'habitants [1994],
soit 80 % des citadins du pays. En dehors de la capitale Conakry
(1,1million d'habitants), les villes sont relativement petites:
Kankan (89 000 habitants), Kindia (85 000 habitants), Labé
(70 000 habitants). La langue officielle de la Guinée est
le français. Les langues parlées appartiennent à
deux groupes de la sous-famille nigéro-congolaise: ouest-atlantique
(peul, kissi, etc.) et mandé (malinké, susu, kpélé,
etc.). Les musulmans (85 %) sont les plus nombreux. On compte 5
% d'adeptes des religions traditionnelles et 1,5 % de chrétiens.
Les autres religions totalisent 8,5 % de la population.
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